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Le Bouard Avocats


Le Conseil d’État, saisi par le Conseil national des barreaux, a partiellement annulé le 8 avril 2025 la doctrine administrative relative à l’imposition des rémunérations perçues par les gérants majoritaires de sociétés d’exercice libéral (SEL). L’arrêt (CE, 8 avr. 2025, n° 492154) invalide deux points majeurs :
En pratique, l’administration ne peut plus appliquer ces règles forfaitaires dès les revenus 2025, même si les contribuables demeurent protégés pour les exercices antérieurs par l’article L 80 A du LPF.
Le Conseil d’État rappelle sa grille d’analyse : distinguer les tâches strictement liées à la gérance (stratégie, comptabilité générale, représentation de la société) de celles inhérentes à l’activité libérale (consultations, actes techniques, prescriptions). Il appartient désormais au contribuable de démontrer, justificatifs à l’appui, la ventilation réelle de ses honoraires.
Le forfait doctrinal de 5 % répondait à une logique de simplification ; son annulation redonne vigueur à la preuve par la réalité économique. S’agissant de l’exercice 2024, les praticiens peuvent toutefois l’invoquer sur le fondement de l’article L 80 A LPF (sécurité juridique), le fait générateur étant antérieur à l’annulation.
Méthode recommandée
A défaut de justification, l’administration pourrait estimer que la rémunération est intégralement libérale et la requalifier en BNC, avec le risque d’une cotisation sociale Urssaf accrue.
Les honoraires libéraux facturés par la SEL demeurent soumis à la TVA et à la CFE ; la rémunération article 62, assimilée à un salaire, en est exclue. Une ventilation claire protège la société contre un rappel de TVA et la double imposition CFE/IS.
L’article 62 ne couvre pas les dividendes versés aux associés, y compris gérants. Toutefois, en cas de sous-rémunération manifeste de la gérance, l’administration pourrait requalifier une partie des dividendes en rémunération ; la démonstration d’une rétribution de direction cohérente réduit ce risque.
En cas de vérification, la société doit être en mesure d’expliquer :
La décision du 8 avril 2025 ramène la rémunération du gérant de SEL à un principe d’exacte proportion : toute quote-part de revenus doit refléter une tâche précise et documentée. L’ère du forfait administratif est close ; celle du chiffrage analytique s’ouvre. Avocats en droit des sociétés à Versailles, experts-comptables et dirigeants devront mettre en place des outils de suivi rigoureux afin de :
Le respect de ces exigences n’est pas qu’une obligation fiscale ; il devient un paramètre clé de la gouvernance et de l’attractivité capitalistique des structures libérales.

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