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Contrôle fiscal des terminaux de paiement : quelles obligations ?

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July 13, 2026

Noémie LE BOUARD

Depuis le 27 juin 2026, l’administration fiscale dispose d’un nouveau pouvoir de contrôle concernant les terminaux et systèmes de paiement électronique utilisés par les entreprises assujetties à la TVA.

La loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales autorise désormais les agents de l’administration à intervenir de manière inopinée dans les locaux professionnels afin d’identifier les terminaux de paiement utilisés, d’en relever les références et de connaître les comptes bancaires sur lesquels les encaissements sont versés.

Cette évolution ne concerne donc pas seulement les logiciels de caisse. Elle vise également les terminaux de paiement électronique, y compris lorsqu’ils ne sont pas reliés à une caisse enregistreuse.

Pour les commerçants, restaurateurs, artisans, professions libérales et dirigeants de sociétés encaissant des paiements par carte bancaire, cette nouvelle procédure impose de vérifier sans délai la traçabilité des moyens de paiement utilisés dans l’entreprise.

En cas de refus du contrôle ou de défaut de présentation d’un terminal, l’entreprise s’expose à une amende de 7 500 euros par appareil non présenté.

Ce qu’il faut retenir sur le contrôle fiscal des TPE

  • Le contrôle peut intervenir sans avertissement préalable.
  • Il concerne les entreprises et professionnels assujettis à la TVA.
  • Tous les terminaux et systèmes de paiement électronique peuvent être contrôlés.
  • Le terminal n’a pas besoin d’être relié à une caisse enregistreuse pour entrer dans le champ du contrôle.
  • L’administration peut relever les références de chaque terminal.
  • Elle peut également identifier les comptes bancaires recevant les fonds encaissés.
  • L’intervention peut avoir lieu entre 8 heures et 20 heures ou pendant les heures d’activité de l’entreprise.
  • Le dirigeant n’a pas besoin d’être présent pour que le contrôle commence.
  • Un procès-verbal doit être établi à l’issue de l’intervention.
  • Le refus du contrôle ou la non-présentation d’un appareil peut entraîner une amende de 7 500 euros par terminal.

Pourquoi l’administration fiscale peut-elle désormais contrôler les terminaux de paiement électronique ?

Jusqu’à l’entrée en vigueur de la réforme, l’article L. 80 O du Livre des procédures fiscales organisait principalement un droit de contrôle inopiné destiné à vérifier la conformité des logiciels et systèmes de caisse utilisés par les assujettis à la TVA.

L’article 87 de la loi du 25 juin 2026 étend cette procédure aux terminaux et systèmes de paiement électronique.

L’objectif est de permettre à l’administration de rapprocher plus facilement :

  • les paiements effectivement encaissés par l’entreprise ;
  • les données enregistrées dans le système de caisse ;
  • les recettes déclarées ;
  • les comptes bancaires crédités ;
  • les terminaux physiquement présents dans l’établissement ;
  • les solutions de paiement utilisées à distance ou sur mobile.

Cette réforme s’inscrit dans un mouvement général de renforcement de la détection des recettes non déclarées et des circuits d’encaissement insuffisamment traçables.

La loi n’interdit évidemment pas à une entreprise de posséder plusieurs terminaux ou de faire verser ses recettes sur plusieurs comptes. Elle permet toutefois à l’administration d’identifier ces appareils et ces comptes afin de vérifier ultérieurement la cohérence des encaissements déclarés.

Quelles entreprises peuvent faire l’objet d’un contrôle de leurs terminaux de paiement ?

La procédure vise les personnes assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée.

Elle peut notamment concerner :

  • les commerces de détail ;
  • les cafés, hôtels et restaurants ;
  • les artisans ;
  • les sociétés de services ;
  • les professionnels libéraux assujettis à la TVA ;
  • les entreprises exploitant plusieurs établissements ;
  • les commerces temporaires ou itinérants ;
  • les entreprises utilisant des terminaux mobiles ;
  • les sociétés encaissant des paiements par carte à distance ;
  • les professionnels utilisant des solutions de paiement fournies par des plateformes spécialisées.

Une petite entreprise ou un commerce ne disposant que d’un seul terminal est concerné au même titre qu’une société exploitant plusieurs dizaines de points de vente.

Le pouvoir de contrôle ne dépend donc ni du chiffre d’affaires, ni de la taille de l’entreprise, ni du nombre de salariés.

Quels moyens de paiement électronique peuvent être contrôlés ?

La loi utilise une formulation large en visant les « terminaux ou systèmes de paiement électronique ».

Le contrôle ne semble donc pas devoir être limité au terminal bancaire classique installé à côté d’une caisse.

Peuvent notamment être concernés :

  • les terminaux fixes ;
  • les terminaux mobiles ;
  • les appareils autonomes ;
  • les terminaux intégrés à une caisse ;
  • les terminaux non reliés à une caisse enregistreuse ;
  • les lecteurs de cartes connectés à un téléphone ou à une tablette ;
  • les systèmes permettant d’encaisser des paiements sur un stand, un marché ou un salon ;
  • les dispositifs utilisés par les salariés en déplacement ;
  • les solutions de paiement électronique associées à un compte professionnel ;
  • les systèmes utilisés pour l’encaissement à distance, lorsque leur fonctionnement permet leur présentation lors du contrôle.

Le texte vise expressément les terminaux, qu’ils soient reliés ou non à une caisse enregistreuse. Une entreprise ne peut donc pas considérer qu’un terminal autonome échappe au contrôle au seul motif qu’il ne communique pas directement avec son logiciel de caisse.

L’administration doit-elle prévenir l’entreprise avant le contrôle ?

Non. Le contrôle prévu par l’article L. 80 O du Livre des procédures fiscales est un contrôle inopiné.

L’entreprise ne reçoit donc pas nécessairement de courrier plusieurs jours ou plusieurs semaines avant l’intervention.

Les agents peuvent se présenter directement dans les locaux professionnels et remettre un avis d’intervention au début des opérations.

Cette absence de préavis doit inciter les dirigeants à organiser leurs procédures en amont. La conformité ne doit pas dépendre de la présence du gérant, du responsable financier ou de l’expert-comptable.

Une personne présente dans l’établissement doit être capable :

  • d’identifier les agents et de réceptionner l’avis d’intervention ;
  • de contacter immédiatement le dirigeant ou le responsable désigné ;
  • de localiser les terminaux utilisés dans l’établissement ;
  • de ne pas dissimuler, déplacer ou éteindre volontairement un appareil ;
  • de conserver une copie de tous les documents remis par l’administration ;
  • de formuler des réserves factuelles lorsqu’une information est incertaine.

À quelles heures le contrôle fiscal des TPE peut-il avoir lieu ?

Les agents peuvent intervenir entre 8 heures et 20 heures.

Ils peuvent également intervenir en dehors de cette plage horaire lorsque l’entreprise exerce effectivement son activité à un autre moment.

Cette précision concerne notamment les établissements ouverts tôt le matin, tard le soir ou pendant la nuit, tels que :

  • certains restaurants et débits de boissons ;
  • les hôtels ;
  • les commerces de nuit ;
  • les établissements de loisirs ;
  • les entreprises réalisant des prestations pendant des horaires décalés.

Le contrôle doit intervenir dans les locaux professionnels.

Les parties des locaux affectées au domicile privé sont exclues du champ de l’intervention. Cette distinction peut toutefois devenir délicate lorsqu’une activité professionnelle est exercée au domicile du dirigeant ou de l’entrepreneur individuel.

Dans cette situation, il est recommandé de matérialiser clairement l’espace professionnel et de conserver les terminaux ainsi que les documents de l’entreprise dans cette zone.

Le contrôle peut-il avoir lieu en l’absence du dirigeant ?

Oui.

Lorsque l’assujetti est une société, l’avis d’intervention est normalement remis à son représentant. Toutefois, l’absence du représentant légal n’empêche pas nécessairement le déroulement du contrôle.

Lorsque le dirigeant ou son représentant est absent, l’avis peut être remis à la personne qui reçoit les agents dans l’établissement.

Il peut s’agir, selon les circonstances, d’un salarié, d’un responsable de magasin, d’un directeur d’établissement ou de toute autre personne présente dans les locaux professionnels.

Cette personne peut également être amenée à recevoir et à signer le procès-verbal établi à l’issue de l’intervention.

Il est donc risqué de considérer qu’un contrôle ne pourrait pas avoir lieu au motif que le président, le gérant ou le directeur financier se trouve absent.

Bon à savoir

Les entreprises disposant de plusieurs établissements ont intérêt à établir une procédure interne applicable dans chaque point de vente. Les responsables locaux doivent connaître les coordonnées de la personne à contacter et savoir où se trouve l’inventaire des terminaux affectés à leur établissement.

Que peut demander l’administration pendant le contrôle ?

Les agents peuvent demander à l’entreprise de leur présenter les terminaux et systèmes de paiement électronique utilisés pour encaisser les paiements des clients.

Ils peuvent notamment relever :

  • la marque du terminal ;
  • son modèle ;
  • son numéro ou sa référence ;
  • son fournisseur ;
  • sa localisation dans l’établissement ;
  • son éventuelle connexion à un système de caisse ;
  • l’identifiant du compte bancaire sur lequel sont versés les fonds encaissés.

L’identification du compte de versement constitue l’un des apports majeurs de la réforme.

L’administration peut ainsi vérifier si les règlements encaissés par les différents terminaux sont versés sur des comptes connus, cohérents avec la comptabilité de l’entreprise et correctement intégrés dans les déclarations fiscales.

L’administration peut-elle accéder directement au compte bancaire de l’entreprise ?

Le contrôle prévu par l’article L. 80 O permet aux agents de relever l’identifiant des comptes bancaires sur lesquels sont versés les fonds encaissés.

Cette faculté ne signifie pas, à elle seule, que les agents disposent pendant l’intervention d’un accès immédiat et illimité à l’ensemble des opérations du compte.

Elle permet cependant d’identifier le compte de destination des encaissements. Cette information pourra être rapprochée des éléments déjà détenus par l’administration ou être utilisée dans le cadre d’autres pouvoirs de contrôle et de communication prévus par la législation fiscale.

En pratique, une incohérence entre le compte déclaré par l’entreprise, le compte configuré sur le terminal et les écritures comptables peut susciter des demandes complémentaires.

Comment se déroule concrètement un contrôle inopiné des terminaux de paiement ?

La procédure peut être résumée en plusieurs étapes.

1. L’arrivée des agents dans l’entreprise

Les agents se présentent dans les locaux professionnels.

Ils doivent avoir au moins le grade de contrôleur et justifier de leur qualité.

2. La remise d’un avis d’intervention

Un avis d’intervention est remis à l’assujetti, à son représentant ou, en leur absence, à la personne qui reçoit les agents.

Cet avis marque le début de la procédure.

3. La présentation des terminaux et systèmes de paiement

L’entreprise doit présenter les appareils utilisés pour encaisser les paiements de ses clients.

Elle doit éviter toute réponse improvisée ou inexacte. Lorsqu’un terminal n’est plus utilisé, se trouve en maintenance ou a été affecté à un autre établissement, cette situation doit pouvoir être démontrée.

4. Le relevé des références et des comptes bancaires

Les agents relèvent les références des appareils ainsi que les identifiants des comptes sur lesquels les sommes encaissées sont versées.

5. L’établissement d’un procès-verbal

À l’issue de l’intervention, un procès-verbal est établi.

Il est signé par les agents et par l’assujetti, son représentant ou, en leur absence, la personne ayant reçu les agents.

Le procès-verbal peut notamment mentionner :

  • les terminaux présentés ;
  • leurs références ;
  • les systèmes de paiement identifiés ;
  • les comptes de destination des fonds ;
  • les éventuels appareils non présentés ;
  • les observations ou difficultés rencontrées pendant l’intervention.

6. La remise d’une copie du procès-verbal

Une copie est remise à l’assujetti ou à son représentant.

En leur absence, une copie peut être remise à la personne présente et une autre transmise à l’assujetti ou à son représentant.

Faut-il signer le procès-verbal établi par les agents ?

La signature du procès-verbal ne signifie pas nécessairement que l’entreprise accepte toutes les conséquences juridiques susceptibles d’en découler.

Elle atteste principalement de l’établissement et de la remise du document.

Toutefois, le procès-verbal doit être lu attentivement avant sa signature.

L’entreprise doit notamment vérifier :

  • le nombre de terminaux mentionnés ;
  • leurs références ;
  • leur statut réel ;
  • les comptes bancaires indiqués ;
  • les déclarations attribuées au dirigeant ou au salarié présent ;
  • les appareils présentés comme manquants ;
  • la description des éventuelles difficultés rencontrées.

Lorsqu’une information est contestée ou incertaine, il est préférable de demander que des observations ou réserves soient consignées dans le procès-verbal.

En cas de refus de signer, les agents en font mention. Le refus de signature n’anéantit donc pas le procès-verbal et ne met pas fin à la procédure.

Quelle sanction en cas de refus du contrôle fiscal des TPE ?

La loi instaure une amende de 7 500 euros par appareil non présenté.

Cette sanction peut être appliquée lorsque l’assujetti, son représentant ou la personne présente :

  • refuse l’intervention des agents ;
  • empêche matériellement le déroulement du contrôle ;
  • refuse de présenter un terminal ;
  • ne présente qu’une partie des appareils utilisés ;
  • dissimule volontairement un système de paiement ;
  • prétend à tort qu’un appareil n’est pas utilisé par l’entreprise.

Le montant étant calculé par appareil, le risque financier peut devenir particulièrement important pour une entreprise disposant de plusieurs points de vente ou de nombreux terminaux.

Nombre de terminaux non présentés Montant potentiel de l’amende
1 terminal 7 500 €
2 terminaux 15 000 €
3 terminaux 22 500 €
5 terminaux 37 500 €
10 terminaux 75 000 €

L’entreprise ne doit donc pas traiter ce contrôle comme une simple demande informelle pouvant être refusée sans conséquence.

Que faire lorsqu’un terminal est absent, en panne ou inutilisé ?

L’absence physique d’un terminal ne signifie pas nécessairement que l’entreprise commet un manquement. Elle doit cependant être en mesure d’expliquer et de justifier la situation.

Un terminal peut notamment :

  • être en maintenance ;
  • avoir été envoyé au prestataire ;
  • être stocké dans un autre établissement ;
  • être utilisé par un salarié itinérant ;
  • avoir été remplacé ;
  • être résilié mais pas encore restitué ;
  • être conservé comme appareil de secours ;
  • ne plus être actif.

Dans ce cas, l’entreprise devrait pouvoir présenter des justificatifs tels que :

  • un bon d’envoi en réparation ;
  • un courriel du prestataire ;
  • un contrat de location ;
  • un document de résiliation ;
  • une preuve de restitution ;
  • un inventaire interne ;
  • un document d’affectation à un autre site ;
  • une preuve de désactivation du terminal.

La simple affirmation selon laquelle l’appareil « ne sert plus » risque d’être insuffisante si les registres du prestataire ou les flux bancaires démontrent une activité récente.

Quels sont les principaux risques pour une entreprise utilisant plusieurs TPE ?

La possession de plusieurs terminaux n’est pas interdite. Elle augmente toutefois les risques d’erreur, en particulier lorsque les appareils sont exploités par plusieurs établissements ou plusieurs salariés.

Les principales difficultés sont les suivantes :

Un terminal inconnu de la direction

Un responsable local peut avoir commandé ou activé une solution de paiement sans que le service comptable en ait été informé.

Des fonds versés sur un compte distinct

Un terminal peut être paramétré pour créditer un compte différent de celui habituellement utilisé par l’entreprise.

Un ancien terminal toujours actif

Un appareil remplacé peut continuer à fonctionner ou rester rattaché à un contrat bancaire.

Un terminal utilisé dans un autre établissement

L’inventaire comptable et l’affectation physique de l’appareil peuvent ne plus correspondre.

Des encaissements non rapprochés de la caisse

Lorsqu’un terminal autonome n’est pas relié au logiciel de caisse, une différence peut apparaître entre les tickets de carte bancaire et les ventes enregistrées.

Un terminal personnel utilisé pour l’activité professionnelle

L’utilisation d’un appareil ou d’un compte détenu personnellement par un dirigeant, un associé ou un salarié peut créer une difficulté majeure de traçabilité.

Des paiements répartis entre plusieurs prestataires

L’entreprise peut utiliser simultanément un terminal bancaire classique, un lecteur mobile et une solution de paiement à distance sans disposer d’un rapprochement comptable centralisé.

Les encaissements peuvent-ils être versés sur plusieurs comptes bancaires ?

Une entreprise peut disposer de plusieurs comptes bancaires et organiser ses encaissements en fonction de ses établissements ou de ses activités.

Cette organisation doit toutefois rester parfaitement traçable.

Pour chaque terminal, l’entreprise doit pouvoir identifier :

  • l’établissement auquel il est affecté ;
  • le prestataire de paiement ;
  • le compte bancaire destinataire ;
  • la période d’utilisation ;
  • les personnes autorisées à l’utiliser ;
  • le traitement comptable des sommes encaissées.

L’utilisation de plusieurs comptes ne doit pas conduire à soustraire certains encaissements à la comptabilité ou aux déclarations fiscales.

Une attention particulière doit être portée aux comptes personnels, aux comptes ouverts à l’étranger et aux comptes techniques proposés par certaines plateformes de paiement.

Le contrôle d’un TPE peut-il entraîner une vérification de comptabilité ?

Le contrôle prévu par l’article L. 80 O constitue une procédure spécifique. Il ne se confond pas nécessairement avec une vérification de comptabilité ou un examen de comptabilité.

Toutefois, les informations recueillies peuvent révéler des incohérences.

Par exemple :

  • un terminal non enregistré dans l’inventaire de l’entreprise ;
  • des versements sur un compte non utilisé en comptabilité ;
  • un volume d’encaissements supérieur aux recettes déclarées ;
  • des décalages récurrents entre les paiements électroniques et les tickets de caisse ;
  • l’existence d’un établissement ou d’une activité non déclarée.

De telles constatations peuvent conduire l’administration à engager ultérieurement des investigations plus approfondies selon les procédures fiscales applicables.

Le contrôle du terminal ne doit donc pas être isolé de la conformité comptable et fiscale générale de l’entreprise.

Quelles obligations concernent les logiciels et systèmes de caisse ?

La loi du 25 juin 2026 apporte également des précisions concernant les logiciels et systèmes de caisse.

Les données archivées doivent pouvoir être restituées dans un format conforme aux normes définies par l’administration.

Cette exigence vise à faciliter l’exploitation des données par les agents et à éviter que la diversité des formats techniques ne fasse obstacle au contrôle.

Une entreprise utilisant un logiciel de caisse doit donc vérifier :

  • qu’elle dispose de la documentation applicable ;
  • que les données sont effectivement archivées ;
  • que les archives restent accessibles ;
  • que les exports peuvent être réalisés ;
  • que les fichiers produits sont lisibles et exploitables ;
  • que les changements de logiciel n’ont pas entraîné la perte des anciennes données ;
  • que le prestataire est en mesure d’apporter une assistance en cas de contrôle.

La seule possession d’un certificat ou d’une attestation ne suffit pas si les données ne peuvent pas être restituées dans les conditions requises.

Comment préparer l’entreprise à un contrôle fiscal inopiné des TPE ?

La prévention repose sur un inventaire précis des moyens d’encaissement et sur une procédure interne claire.

Établir un registre des terminaux

L’entreprise devrait tenir un tableau recensant, pour chaque appareil :

  • la marque ;
  • le modèle ;
  • le numéro de série ;
  • le numéro de terminal ;
  • le fournisseur ;
  • la date de mise en service ;
  • le statut de l’appareil ;
  • l’établissement d’affectation ;
  • le compte bancaire crédité ;
  • la connexion éventuelle au logiciel de caisse ;
  • la date de restitution ou de désactivation.

Vérifier les contrats avec les prestataires de paiement

Les contrats doivent être centralisés et régulièrement rapprochés de l’inventaire physique.

Il faut notamment vérifier :

  • les appareils encore facturés ;
  • les anciens contrats non résiliés ;
  • les terminaux de remplacement ;
  • les comptes bancaires configurés ;
  • les habilitations des utilisateurs.

Rapprocher les encaissements et la comptabilité

L’entreprise doit pouvoir expliquer les écarts entre :

  • les relevés des terminaux ;
  • les relevés bancaires ;
  • les données du logiciel de caisse ;
  • le chiffre d’affaires comptabilisé ;
  • les déclarations de TVA.

Désigner un interlocuteur en cas de contrôle

Chaque établissement devrait disposer d’une fiche indiquant :

  • le nom du responsable à contacter ;
  • les coordonnées du dirigeant ;
  • les coordonnées du service comptable ;
  • les coordonnées de l’avocat ou de l’expert-comptable ;
  • l’emplacement de l’inventaire des terminaux ;
  • les consignes à suivre en cas d’intervention.

Former les salariés susceptibles de recevoir les agents

Le personnel ne doit ni faire obstacle au contrôle ni fournir des réponses approximatives.

Il doit savoir qu’il peut :

  • demander aux agents de justifier leur qualité ;
  • contacter immédiatement la direction ;
  • conserver une copie des documents ;
  • signaler qu’il ne connaît pas la réponse à une question ;
  • demander que ses observations soient consignées ;
  • éviter toute suppression ou manipulation des données.

Comment réagir le jour du contrôle ?

Lorsqu’un contrôle commence, l’entreprise doit adopter une attitude coopérative tout en préservant ses droits.

Il est recommandé de :

  1. vérifier l’identité et la qualité des agents ;
  2. lire l’avis d’intervention ;
  3. en conserver immédiatement une copie ;
  4. prévenir le dirigeant ou le responsable désigné ;
  5. contacter, lorsque cela est possible, l’avocat ou l’expert-comptable de l’entreprise ;
  6. présenter les terminaux demandés ;
  7. ne pas déplacer, débrancher ou supprimer des données ;
  8. répondre uniquement sur les faits connus ;
  9. ne pas spéculer lorsqu’une information est incertaine ;
  10. demander que les observations importantes figurent dans le procès-verbal ;
  11. relire attentivement le procès-verbal ;
  12. conserver une copie complète du dossier remis par les agents.

Le dirigeant doit ensuite comparer sans délai le contenu du procès-verbal avec les contrats, les relevés bancaires, l’inventaire des appareils et les documents comptables.

Quelles erreurs faut-il absolument éviter ?

Plusieurs comportements peuvent aggraver la situation de l’entreprise :

  • refuser l’accès aux locaux professionnels sans motif valable ;
  • prétendre que le dirigeant doit obligatoirement être présent ;
  • cacher un terminal ;
  • présenter uniquement les appareils visibles au comptoir ;
  • oublier les terminaux mobiles ;
  • nier l’existence d’un appareil pourtant lié à un contrat actif ;
  • supprimer des données ou modifier un paramétrage pendant le contrôle ;
  • signer un procès-verbal sans le lire ;
  • reconnaître une irrégularité sans avoir vérifié les faits ;
  • confondre le refus de signer avec le refus du contrôle ;
  • attendre plusieurs semaines avant d’analyser les constatations.

Une réponse maladroite donnée sous la pression du contrôle peut ensuite être reprise dans le procès-verbal. Il est préférable d’indiquer qu’une vérification est nécessaire plutôt que de fournir une information incertaine.

Tableau pratique : documents à conserver pour chaque terminal de paiement

Document ou information Utilité en cas de contrôle
Contrat avec le prestataire Prouver l’origine du terminal, son fournisseur et ses conditions d’utilisation.
Référence et numéro de série Identifier précisément l’appareil présenté aux agents de l’administration fiscale.
Compte bancaire de versement Vérifier la destination des encaissements réalisés par l’intermédiaire du terminal.
Date de mise en service Déterminer la période pendant laquelle le terminal a été utilisé par l’entreprise.
Établissement d’affectation Localiser l’appareil et justifier sa présence dans un point de vente déterminé.
Justificatif de restitution Démontrer qu’un ancien terminal n’est plus détenu ou utilisé par l’entreprise.
Justificatif de maintenance Expliquer l’absence temporaire d’un appareil envoyé en réparation ou en remplacement.
Relevés d’encaissement Rapprocher les paiements électroniques des ventes enregistrées et des sommes créditées en banque.
Exports du logiciel de caisse Contrôler la cohérence entre les données de caisse, les paiements reçus et la comptabilité.
Procédure interne Permettre aux salariés et responsables d’établissement de réagir correctement en cas de contrôle inopiné.
Liste des utilisateurs autorisés Identifier les salariés, dirigeants ou responsables habilités à utiliser chaque appareil.

Checklist de conformité pour les chefs d’entreprise

Avant tout contrôle, le dirigeant devrait pouvoir répondre positivement aux questions suivantes :

  • Tous les terminaux de l’entreprise sont-ils recensés ?
  • Les terminaux mobiles sont-ils inclus dans l’inventaire ?
  • Les appareils de secours sont-ils identifiés ?
  • Les terminaux inutilisés ont-ils été désactivés ou restitués ?
  • Chaque terminal est-il rattaché au bon établissement ?
  • Le compte bancaire crédité est-il connu ?
  • Les comptes utilisés figurent-ils dans la comptabilité de l’entreprise ?
  • Les encaissements sont-ils rapprochés des ventes enregistrées ?
  • Les données de caisse sont-elles archivées ?
  • Les archives peuvent-elles être exportées ?
  • Les responsables de site connaissent-ils la procédure à suivre ?
  • Les contrats et justificatifs sont-ils rapidement accessibles ?
  • L’entreprise peut-elle expliquer chaque écart entre caisse, TPE et banque ?

Une réponse négative à l’une de ces questions justifie une régularisation rapide.

À partir de quand le contrôle fiscal des TPE s’applique-t-il ?

Les nouvelles dispositions sont applicables depuis le 27 juin 2026, soit le lendemain de la publication de la loi au Journal officiel du 26 juin 2026.

Les entreprises peuvent donc faire l’objet de cette procédure sans attendre la publication d’un nouveau texte général d’entrée en vigueur.

Certaines mesures de coordination liées à la réorganisation des dispositions fiscales et à leur transfert vers le Code des impositions sur les biens et services doivent toutefois entrer en vigueur selon un calendrier distinct, notamment à compter du 1er septembre 2026.

Cette évolution de codification ne remet pas en cause l’application, depuis le 27 juin 2026, du nouveau pouvoir de contrôle des terminaux de paiement électronique.

Questions fréquentes sur le contrôle fiscal des terminaux de paiement

L’administration peut-elle contrôler un terminal non relié à la caisse ?

Oui. La loi vise expressément les terminaux et systèmes de paiement électronique, qu’ils soient reliés ou non à une caisse enregistreuse.

Un terminal mobile utilisé sur un marché peut-il être contrôlé ?

Oui. Un terminal mobile utilisé dans le cadre de l’activité professionnelle entre dans le champ du dispositif. Son absence dans l’établissement devra pouvoir être expliquée et justifiée.

Le contrôle peut-il avoir lieu sans le gérant ?

Oui. L’absence du gérant ou du représentant légal n’empêche pas nécessairement l’intervention. L’avis peut être remis à la personne présente dans les locaux.

Un salarié peut-il recevoir les agents ?

Oui. Le salarié présent peut recevoir l’avis d’intervention et être amené à signer le procès-verbal. Il doit toutefois contacter immédiatement la direction.

L’entreprise peut-elle refuser de présenter un terminal ?

Un refus expose l’entreprise à une amende de 7 500 euros par appareil non présenté.

Que se passe-t-il si le terminal est en réparation ?

L’entreprise doit présenter les justificatifs permettant d’établir la réalité de la réparation, tels qu’un bon de prise en charge, un courriel du prestataire ou un document d’expédition.

Un ancien terminal conservé dans un placard doit-il être présenté ?

Il est préférable de le présenter s’il est encore détenu par l’entreprise et d’expliquer son statut. L’entreprise devrait pouvoir démontrer qu’il est désactivé et qu’aucun encaissement n’est plus réalisé par son intermédiaire.

L’utilisation d’un compte bancaire personnel est-elle risquée ?

Oui. Le versement d’encaissements professionnels sur un compte personnel crée un risque important de confusion patrimoniale, d’erreur comptable et de suspicion de dissimulation de recettes.

Le refus de signer le procès-verbal bloque-t-il le contrôle ?

Non. Les agents mentionnent simplement le refus de signature dans le procès-verbal. Le document conserve son existence et peut être utilisé dans la suite de la procédure.

Faut-il appeler un avocat pendant le contrôle ?

La présence immédiate d’un avocat n’est pas toujours matériellement possible, compte tenu du caractère inopiné de l’intervention. Il est néanmoins recommandé de l’informer rapidement, notamment lorsqu’un terminal manque, qu’un compte bancaire pose difficulté ou que le procès-verbal comporte des constatations contestables.

Pourquoi faire auditer ses systèmes d’encaissement ?

Le nouveau contrôle des terminaux de paiement ne doit pas être envisagé comme une formalité purement technique.

Les références des appareils et les comptes bancaires identifiés peuvent révéler des incohérences susceptibles d’entraîner :

Un audit préventif permet de recenser les terminaux, de vérifier les flux financiers, d’identifier les anciens contrats et de corriger les écarts avant toute intervention.

L’accompagnement d’un avocat en droit des affaires et en contrôle fiscal

Lorsqu’une entreprise utilise plusieurs solutions d’encaissement, plusieurs comptes bancaires ou plusieurs établissements, la préparation du contrôle nécessite une analyse globale de son organisation juridique, comptable et contractuelle.

Un avocat en droit des affaires peut notamment intervenir pour :

La rapidité est essentielle. Dès qu’une difficulté est relevée pendant l’intervention, les justificatifs doivent être réunis et les constatations contestables doivent être analysées sans attendre.

Fondements principaux : article 87 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales ; article L. 80 O du Livre des procédures fiscales ; nouvel article 1770 quaterdecies du Code général des impôts.